Calculer un escalier, c’est partir de la hauteur totale à monter, la diviser en marches de hauteur égale, puis choisir un giron confortable en respectant la formule de Blondel (2 × hauteur de marche + giron ≈ 60 à 64 cm). Le reculement, la longueur au sol, découle ensuite du nombre de marches. Voici la méthode, étape par étape.
Étape 1 : mesurer la hauteur à monter
Tout commence par la hauteur totale entre le plancher du bas et le plancher fini du haut — pas le dessus de la dernière marche, mais bien le plancher de l’étage. C’est la mesure de référence. Une erreur ici se répercute sur toutes les marches, alors on la prend deux fois plutôt qu’une.
Étape 2 : trouver le nombre et la hauteur des marches
On divise la hauteur totale par une hauteur de marche visée. Au Québec, le Code de construction autorise une hauteur de 125 à 200 mm (5 à 8 po), mais le confort se situe plutôt autour de 175 à 190 mm. On ajuste le nombre de marches pour tomber sur une hauteur ronde et, surtout, uniforme : toutes les marches doivent faire exactement la même hauteur. Une hauteur qui ne « tombe pas juste » se règle en ajoutant ou en retirant une marche, jamais en bricolant la dernière.
Étape 3 : choisir le giron
Le giron, c’est la profondeur de la marche. Le Code québécois le situe entre 235 et 355 mm (9¼ à 14 po) pour le résidentiel. Là encore, l’uniformité prime : un giron régulier, c’est un pied qui se pose toujours au même endroit, montée après montée.
Étape 4 : vérifier avec la formule de Blondel
La formule de Blondel relie la hauteur de marche (h) et le giron (g) au pas naturel d’un adulte : 2h + g doit rester proche de 60 à 64 cm, la valeur de confort la plus citée étant environ 63 cm. L’idée est simple : monter fatigue plus qu’avancer, donc on compte la hauteur en double. Une marche haute appelle un giron plus court, une marche basse un giron plus long. Si le résultat sort de la plage, l’escalier sera soit essoufflant, soit inconfortablement étiré. Ce n’est pas une exigence du Code, mais une règle usuelle de l’art qui fait la différence entre un escalier qu’on monte sans y penser et un qu’on subit.
Étape 5 : calculer le reculement
Le reculement, c’est la longueur que l’escalier occupe au sol une fois projeté à l’horizontale. On l’obtient en multipliant le giron par le nombre de marches moins une, la dernière étant au niveau du plancher. C’est cette mesure qui dit si l’escalier « rentre » dans la pièce. Quand la place manque, on passe souvent d’un escalier droit à un tournant — c’est d’ailleurs le type le plus fréquent chez nous : 48 % de nos 372 réalisations sont des escaliers tournants, contre 29 % de droits.
Et pour un escalier tournant ou avec palier ?
Le principe ne change pas : la hauteur de marche et le giron restent régis par les mêmes règles. Ce qui se complique, c’est la géométrie des marches d’angle, dites balancées, et la position du palier. À ce stade, un relevé sur place vaut mille calculs sur papier : les planchers ne sont jamais parfaitement de niveau, et le moindre demi-pouce compte.
Faites vérifier vos chiffres
Cette méthode vous donne une bonne estimation, assez pour savoir si un projet est réaliste. Pour du concret, comparez avec nos modèles sur nos escaliers et avec le cas le plus simple à calculer, l’escalier droit. Avant de couper le bois, faites toujours valider les mesures : envoyez-nous vos dimensions et on vous confirme si tout tombe juste.
