La marche, c’est la surface plane où on pose le pied. La contremarche, c’est la face verticale entre deux marches. Le limon, c’est la pièce inclinée qui porte l’escalier sur les côtés. Le nez de marche, c’est le rebord qui dépasse à l’avant. Quatre mots, quatre rôles précis — voici l’anatomie complète d’un escalier.
La marche et son giron
La marche est la partie horizontale, celle qui reçoit le pied. Sa profondeur utile porte un nom : le giron. Au Québec, le giron d’un escalier résidentiel se situe entre 235 et 355 mm (environ 9¼ à 14 po) selon le Code de construction du Québec, et surtout il doit rester identique d’une marche à l’autre. Un giron qui change en cours de volée, c’est la première cause de faux pas.
La contremarche : la face verticale
La contremarche, c’est le panneau vertical qui ferme l’espace entre une marche et la suivante. Sa hauteur, la hauteur de marche, va de 125 à 200 mm (5 à 8 po) au Québec, elle aussi uniforme sur toute la volée. Mais la contremarche n’est pas obligatoire, et c’est justement elle qui distingue les deux grandes familles d’escaliers.
Escalier ouvert ou fermé : la contremarche fait la différence
Un escalier fermé a ses contremarches en place : chaque marche est bouchée à l’avant. Un escalier ouvert, ou ajouré, n’en a pas ; on voit à travers, entre les marches. L’ouvert allège visuellement la pièce et laisse circuler la lumière ; le fermé est plus classique et cache le dessous. Ni l’un ni l’autre n’est « mieux » : c’est une question de style et de ce que vous voulez montrer.
Le limon : l’épine dorsale de l’escalier
Le limon est la longue pièce inclinée, sur les côtés, dans laquelle viennent s’appuyer ou s’encastrer les marches. C’est lui qui porte la charge et donne sa rigidité à l’ensemble. Il peut être à crémaillère, avec des marches qui reposent sur des découpes, ou plein, avec des marches qui s’insèrent dans le flanc. Sur un escalier suspendu — 10 % de nos 372 réalisations — le limon cède parfois la place à des fixations murales qui donnent l’impression que les marches flottent.
Le nez de marche : le petit détail qui compte
Le nez de marche, c’est le rebord arrondi qui déborde à l’avant de chaque marche, au-dessus de la contremarche. On le remarque à peine, mais il joue deux rôles : il gagne quelques millimètres de surface d’appui pour le pied, et il protège l’arête, l’endroit qui s’use le plus vite. Sur un escalier de bois, un nez de marche bien profilé, c’est la signature d’un travail soigné.
Pourquoi ce vocabulaire vous sert
Connaître ces mots change vos échanges avec l’artisan. « Je veux un escalier ouvert, en chêne, avec un nez de marche marqué » est infiniment plus clair que « quelque chose de moderne ». Ça évite les malentendus et ça accélère le devis. Pour visualiser chaque pièce sur des projets réels, parcourez nos escaliers, et voyez comment tout s’assemble sur un modèle simple avec notre escalier droit.
Une pièce vous intrigue encore ? Parlez-nous de votre projet : on prend le temps d’expliquer avant de mesurer.
